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Agrippe le bras long



Le Japon repose sur un consensus comportant une acceptation quasi instinctive du sacrifice d’une multitude de petites gens. C’est ce qu’affirme André L’Hénoret en première page de son ouvrage*

Ce prêtre ouvrier est parti travailler pendant 20 ans dans le Japon des années 70.

Il en a rapporté quelques principes qui guident les comportements nippons.

« Bien sûr que les puissants s’enrichissent sur le dos des pauvres, mais sans eux les pauvres ne seraient rien » Quand on est petit, le salut vient des grands, le bras long du puissant est celui qui permet le succès. Le bras long est le seul espoir. »"Agrippe toi au bras long » que bien des mères répètent à leur fils partant travailler en ville.


J’ai pour ma part remarqué que nombre de carrières en entrepris tenait à la capacité de certains à « saisir le bras long ». Savoir choisir le bon dirigeant, le bon supérieur hiérarchique qui va vous entrainer dans le sillage de sa réussite tout au long de sa carrière.

En un mot il faut savoir miser sur le bon cheval.


Encore faut-il être capable de l’identifier.


Votre leader doit avoir l’ambition chevillée au corps, de l’énergie à revendre, une vision claire de ce qui se passe dans son secteur d’activité et être capable de rallier les hommes à son panache blanc. Vous l’avez vu capable d’imposer ses idées et fédérer les compétences sur les projets dont il a la responsabilité.


De votre côté, décidé à saisir le « bon bras », il vous faut posséder un certain nombre de qualités comme :

· La flexibilité : pas d’horaires syndicaux, le code du travail ne s’applique pas à vous.

· La docilité : ne jamais contester en frontal et/ou en public la parole de votre chef

· La loyauté : qui doit être absolue.

· L’endurance : vous pouvez à l’occasion être rabroué, il vous faut alors ravaler votre fierté.


En échange vous bénéficierez du poste, du titre, de la rémunération adéquates partout où votre mandarin sévira.


Il n’y a rien de choquant à cela. Tout patron a le souci de voir ses décisions correctement appliquées. Il a besoin d’hommes de confiance qui seront les garants de la réalisation de sa politique. A l’instar de ce qui se passe dans les clubs de football, tout nouvel entraineur fraichement nommé arrive toujours avec son « staff » (préparateurs physiques, Kinés…) tel Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France de football.


Si vous ne vous sentez pas concerné par la recommandation des mères japonaises faites à leurs fils, c’est que vous avez déjà atteint cette position où vous n’avez pas/plus besoin de saisir le bras d’un puissant…vous êtes un puissant.


Jacques Guillou


*« Le clou qui dépasse » André L’Hénoret-La Découverte poche-1997


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