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Alcoolisme en entreprise, le déni et l’impuissance !

Dernière mise à jour : 8 avr. 2022

S’il est un sujet délicat par nature à gérer pour un patron d’entreprise, c’est bien la présence d’un alcoolique au sein de ses équipes. Les autorités sanitaires estiment que l’alcoolisme touche jusqu’à 15% des personnes travaillant en entreprises privées.


Pour avoir eu le devoir de « traiter » quelques cas épineux, je porte à votre connaissance les quelques informations suivantes.


Le déni

Il faut savoir que les psychiatres addictologues ne parlent plus d’alcoolisme, mais de « trouble de l’usage de l’alcool », renvoyant donc à une distinction entre usage « normal » et un usage « pathologique ». La définition de l’alcoolisme, plus de trois verres d’alcool pour les hommes et plus de deux verres pour les femmes, a été remplacée par 21 verres par semaine, afin d’intégrer les pratiques du Week-end. Je n’entrerai pas ici dans les subtilités des subdivisions comportementales pour m’en tenir à mon vécu de manager.


Le déni, « non, je ne suis pas alcoolique » vient d’abord de l’individu en cause qui n’admet jamais avoir de problème avec la boisson. Sachant son comportement honteux et condamnable socialement, il va pratiquer la dissimulation et le mensonge à un degré élevé. Untel par exemple ne buvait que des alcools blancs dans des gobelets en plastique blanc afin de mieux dissimuler sa pratique. Tel autre portait fréquemment des pantalons à larges poches dans le but de pouvoir y glisser des flaques aisément dissimulables. Attaqué de front sur ses pratiques, il niera l’évidence.


Une fois que vous avez identifié un problème d’alcoolisme chez l’un de vos salariés, le plus dur commence. Car le déni vient également des institutions en place supposées pouvoir aider le chef d’entreprise.


L’impuissance

Et pour cause, parce qu'il vous faudra prouver la réalité des faits et démontrer que cela constitue une menace pour la sécurité des autres employés. En un mot, vous ne pouvez pas licencier quelqu’un pour simple cause d’alcoolisme, car cela relève de l’état de santé du salarié. Il faut vraiment que les états d’ébriété soient répétés et manifestes pour vous permettre de lancer une procédure de licenciement. Sinon vous devez vous débrouiller seul. La médecine du travail se déclarera incompétente pour vous aider, l’Association des Alcooliques Anonymes vous prodiguera quelques conseils et vous souhaitera bon courage.


Le patron de PME se retrouvera donc seul, une fois de plus, à devoir gérer quelque chose d’humainement délicat. Sans faute évidente de l’intéressé (accident en état d’ébriété avec la voiture de société par exemple) qui par ailleurs peut donner satisfaction dans la réalisation de ses tâches, vous devrez prendre sur vous.


Le sujet doit être mis sur la table, en particulier quand la personne est en contact avec la clientèle. C’est l’image de la société qui est en risque. D’une manière générale, c’est la question de la confiance qui se pose : peut-on faire confiance à une personne que l’on sait alcoolique ?




Pour finir, il vous faudra solliciter malgré tout une aide extérieure. Différents centres publics ou privés existent (CSAPA, services d’addictologie ambulatoires, hospitaliers, médecins addictologues en cabinet, etc.).


Malheureusement, le parcours du sevrage est long et peut se faire au détriment de l’entreprise (absentéisme, chute de productivité). À vous d’être vigilant lors des entretiens d’embauche et de la période d’essai.

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